samedi, janvier 27, 2007

Histoire de résolution

L'ONU a adopté vendredi 26 janvier une résolution condamnant la négation de l'Holocauste. Les Nations-Unies condamnent, mais n'interdisent pas. Dans cette nuance apparaît une distinction fondamentale que les démocraties modernes peinent à distinguer.

L'Italie vient de renoncer à introduire un délit de "négation de la Shoah", sous la pression de 150 chercheurs. Au delà du fait qu'une loi mémorielle revient à établir une vérité historique d'Etat, elle ouvre une porte vers tout type de dérive. A commencer par la poursuite d'historiens à des fins partisannes. Toute thèse négationniste tombe face à l'examem d'une méthode historique rigoureuse. Au contraire, un historien honnête peut se faire trainer devant les tribunaux pour des motifs politiques sans rapport avec la recherche historique. Olivier Pétré-Grenouilleau, brillant agrégé d'histoire, en est l'exemple type. Affirmant, avec raison, que l'esclavage n'était pas un génocide, il avait dû faire face à une plainte du "Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais" pour négation d'un crime contre l'humanité.

Face l'ingérance pesante des tenants du devoir de mémoire, les historiens se sont unis le 12 décembre 2005 pour condamner les lois mémorielles (Gayssot, sur le génocide arménien, Taubiera et Mekechera). Retour sur le texte Liberté pour l'histoire:

Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :
L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l’esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique.
La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que certains articles de lois successives – notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 – ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation de ces articles indignes d'un régime démocratique.

vendredi, janvier 19, 2007

Redeker superstar

Interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, invité de Frédéric Taddeï sur France 3, Robert Redeker, le philosophe traqué sort de sa cachette. Non pas pour apporter le simple témoignage de son calvaire, mais pour faire la promotion de son livre, Il faut tenter de vivre. Mais vivre malgré quoi? Malgré le fait d'être un propagateur de haine? Vivre malgré le fait de propager des propos ouvertement faux et xénophobes? Avant de parler de l'ouvrage de Robert Redeker, mieux vaut relire la tribune qui a tout fait basculer pour lui. Les mots parlent d'eux-mêmes.



Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.
L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».
D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages.
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.
De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.
Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.
Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein.

samedi, décembre 02, 2006

Abus de confiance



"Je n'ai rien à cacher, mais là, trop, c'est trop. Mon livre, Clearstream, l'enquête, a débloqué l'autre enquête, celle des juges. Je trouve profondément injuste d'être aujourd'hui mis en cause."
Denis Robert est remonté. Non pas comme une horloge suisse qui sonne l'heure avec précision. Mais comme un mécanisme dont on a tourné la clef à outrance et qui lâche, qui lâche, qui déploie le trop plein d'énergie accumulée.

Mercredi 29 novembre, devant les journalistes réunis au Club de la presse de Lille, il explose. Il a appris trois jours avant sa mise en examen pour recel d'abus de confiance. "Il y avait prescription sur le recel de viol de secret bancaire, ils ont dû trouver autre chose. Avec ce genre de raisonnement, vous achetez un bouquin [NDLR : sur l'enquête Clearstream] et vous devenez à votre tour receleur : il y a des listes dedans." Pour l'auteur, c'est symptomatique de notre démocratie. Moins d'espace de liberté, une censure remise au goût du jour. "Mon livre [Clearstream, l'enquête]a été retiré de la vente du 9 juin au 3 juillet 2005. Des types sont entrés dans des librairies pour retirer mes bouquins! On avait pas vu cela depuis la guerre d'Algérie."

Si Denis Robert est mis en cause, c'est suite à la plainte de Dominique de Villepin. "Etre premier ministre faire un truc comme cela, c'est jouer petit bras. Je ne suis qu'un zonard qui a écrit un bouquin, c'est tout. Que le chef du gouvernement attaque quelqu'un dont le seul but est d'informer les gens est une attitude désastreuse pour la liberté de la presse."

La presse qui ne le suit pas toujours. Alors qu'elle ne s'intéresse qu'assez peu à son cas, il fait "la une sur l'Internet depuis dix jours." Sur Agoravox notamment, où il a lui-même publié un article. Un comité de soutien s'est monté pour le soutenir. Une pétition est lancée. L'écrivain donne régulièrement des nouvelles sur son blog. Bref, la Toile jour pleinement sont rôle de réseau, de culture alternative et de média citoyen.




On apprend ce samedi que Dominique de Villepin sera entendu comme simple témoin par les juges Pons et d'Huy. Cela signifie qu'aucune charge ne sera retenu contre lui. Assez décourageant. Alors pourquoi ne pas prendre les choses avec humour? On savait Denis Robert ex-journaliste, écrivain. Il faut maintenant savoir qu'il est aussi artiste. Artiste de Kombart. Par exemple avec les deux toiles réalisées à partir de de listing de Clearstream visible à la sixième page de Domination, ouvrage sorti avec le peintre Philippe Pasquet. Un livre oeuvre d'art associant toiles et textes. Des mots kombatifs, des mots salvateurs, des mots vrais tout simplement. Bref, une révolte dans un monde aseptisé.

Extrait de Domination


Torture

On joue avec les mots. Et avec les morts. Les propriétaires de journaux, de radios, de télévision instillent une idéologie faite de renoncements. Des vendeurs d'armes, de béton, de pétrole, de tuyaux, investissent des fortunes pour nous informer. Dans quel but? Entre autre, celui de nous imposer, comme nouvelle forme de religion, cette loi des marchés financiers devant lesquels la seule posture admissible est la génuflexion. On nous explique que pour être concurrentiels, les groupes français puis européens doivent s'unir. Ces concentrations impliquent forcément des compressions de personnels. Et logiquement de la fabrication de SDF, à durée de vie limitée. Leur croissance, agitée comme un fier étandard, est un mirage. Il s'agit d'une réduction de coûts. Dans nos sociétés boursières, on est prié de ne pas dire liquidateur mais repreneur, agent de consolidation mais présentateur de journal télévisé, corvéable mais flexible, licenciements mais plan social, crève la faim mais SDF, mort mais disparition ou mieux : lente destructuration.



Philippe Pasquet
Domine, 2005
Acrylique/collage sur toile et papier

dimanche, novembre 26, 2006

"Si Libération avait disparu, nous serions devenu un journal du matin" Jean-Marie Colombani

L'assemblée est clairsemée, grisonante. Quelques sonotones sont fixés dernière les oreilles attentives des auditeurs confortablement installés dans les fauteuils du Théâtre du Nord, sur la Grand Place de Lille. A l'entrée de la salle, on distribue fièrement la caricature de Plantu représentant le prophète Mahommet, publiée par Le Monde au moment de l'emballement planétaire provoqué par le Jyllands Posten. Histoire de rappeler, ou pour faire croire, selon les avis, que le journal de référence possède encore un esprit d'indépendance.

Nous sommes à une réunion de la société des lecteurs du Monde. Jean Martin, son administrateur, et Jean-Marie Colombani, directeur du journal, sont venus expliquer aux actionnaires les évolutions de leur quotidien préféré.

Jean-Marie Colombani est fier de son travail. Il a sorti Le Monde de sa faillite permanente. Il a réussi à transformer le quotidien de référence en "marque", véritable "entreprise de production d'information". Tout cela malgré la crise de la publicité, qui boude les quotidiens depuis 2001. Tout cela malgré le reflux de la diffusion dûe, selon le directeur du journal, à la diminution du nombre de points de vente. Tout cela malgré les résultats négatifs du journal depuis 2002. Sa stratégie depuis dix ans? La construction d'un groupe puissant, dont Le Monde est le centre, la tête de la pieuvre dont les tentacules sont les journaux du Midi, Courrier International, Le Monde diplomatique, Télérama. Le Monde pert de l'argent? Qu'importe, les tentacules du groupe, eux, en gagnent, et financent le quotidien. En 2006, treize millions d'euros ont été drainés de la sorte. "Remboursé avec intérêts", précise Colombani. Nous sommes condamnés à le croire, faute de pouvoir vérifier.

Autre avantage, l'actionnariat du groupe est éclaté. Pas comme Libé, devenu la propriété d'Edouard de Rotschild, "aimable et respectable personne", ni comme le Figaro, propriété de Dassault. Ici, "tout le monde est actionnaire du Monde, mais personne ne l'est directement. Avant la constitution du groupe, nous subissions des pressions, depuis nous sommes plus forts. Si certaines personnes avancent que nous sommes compromis, vous pouvez être sûr qu'ils ont tort". Evidemment, cela se voit moins qu'à Libération. Seulement Jean-Marie Colombani, si fier de son indépendance, oublie de préciser que Le Monde Entreprises (qui regroupe les sociétés actionnaires du groupe) pèse tout de même pour 10,43% dans l'actionnariat. On trouve parmis ces "actionnaires partenaires" Air France, le Crédit mutuel, BNP Paribas, Danone, Les Editions du Seuil, Fayard, Sagem, EADS, Total Fina Elf, Axa. Beaucoup de poids lourds de multiples secteurs économiques français. Autant d'annonceurs qui se servent du Monde comme vecteur pour leur image.

Le directeur du journal reconnait quand même que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. "Tous les modèles économiques sont morts, il faut maintenant en inventer des nouveaux. Le problème aujourd'hui est la fin du monopole journalistique sur l'information. Les gens sont autant informés entre eux qu'avec un journal." Alors le tout est de refaire comprendre à ces fameux gens que Le Monde est La Référence en matière d'information en France. Il faut leur faire comprendre que Le Monde leur est nécessaire. Et dans ce climat morose pour la Presse quotidienne nationale (PQN), la nouvelle formule du journal (novembre 2005) aurait limitée la casse. Alors que les ventes chutaient de 10% entre novembre 2004 et novembre 2005, elles n'ont diminué que de 4% sur cette dernière année. Dans les conditions actuelles il reconnaît que "stagner est une prouesse". Et de bouilloner d'impatience à l'idée de la présidentielle qui va faire exploser les ventes.

L'assemblée acquiesse, boit les paroles de Jean-Marie Colombani. Mais une chose inquiète ces fidèles : les journaux gratuits. Du pain béni pour le directeur qui peut justifier une part de la baisse des ventes. Et qui en profite pour annoncer que Le Monde a chipé au Figaro le projet de lancer un Ville + à Paris, associé au groupe Bolloré. Avec une idée révolutionnaire : distribuer ce gratuit directement dans les boîtes aux lettres. Ce support publicitaire sera également un appel pour acheter le Monde de l'après-midi. Les articles seront en parti fournis par les rédacteur du journal, en version light. La totalité de l'article se trouvera dans le Monde de l'après-midi.

Le quotidien de référence a une particularité, à la fois force et faiblesse. C'est un quotidien du soir. Si à Paris et en Ile-de-France, cela lui permet d'être "le journal qui a toujours le dernier mot", en province, les nouvelles ont une demie-journée de retard face aux autres quotidiens de PQN. Une parution le matin provoquerait "une forte augmentation des ventes partout en France, mais une chute vertigineuse en Ile-de-France. Là où nous devons travailler, c'est sur l'amélioration de la diffusion, pas sur l'heure de parution. Pourtant, une chose est sûre, si Libération avait disparu, nous serions devenu un journal du matin". Il est évident que la disparition de Libération aurait profité au Monde. Le journal perdra encore de l'argent en 2006.

Mais Colombani espère encore et toujours que grâce au groupe, grâce à cette "marque Le Monde", grâce à cette "référence", grâce à cette stratégie offensive, le journal en sortira grandi. Malgré cette heure à expliquer le bouillonement capitalistique qu'il a mis en oeuvre, il tient à rassurer les actionnaires de la société des lecteurs : "On ne deviendra pas une société capitaliste comme les autres." Etrange conclusion lorsque l'on vient de faire une brillante démonstration pour expliquer que c'était déjà le cas.

jeudi, novembre 23, 2006

Septimanie suite

Depuis le dernier message, la situation a évoluée en Languedoc-Roussillon. Jean-Claude Gayssot n'a finalement pas démissioné, 29 des 31 maires de l'agglomération de Montpellier ont signé une pétition de soutien à Georges Frêche.

Ce dernier a déclaré:

«90 % des gens qui sont normaux pensent à peu près comme moi [...] Je n'ai à m'excuser de rien du tout. J'ai rien dit du tout. J'ai dit que moi, mon idéal, c'était une équipe black-blanc-beur. Avec toutes les couleurs de la société française. Qu'une équipe où il n'y aurait que des Noirs, c'est pas une équipe de France. [...] Ce n'est pas une question de Noirs ou de Blancs, la France est faite de Blancs, de Noirs, de Jaunes. [...] Mais manifestement, ce n'est plus une équipe équilibrée aux couleurs de la France. C'est une évidence. Ce n'est pas une évidence raciste. Mais on n'a pas le droit de le dire...»

mardi, novembre 21, 2006

La Septimanie aux septimaniens

Rebelote. Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussilon c'est de nouveau distingué la semaine dernière par des propos outranciers. Jean-Marie trouvait que les joueurs de l'équipe de France de football ne savaient pas chanter la Marseillaise. Georges a trouvé pourquoi : "il y a neuf Blacks sur onze", alors que "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre". Cette proportion est pour lui "une honte pour la France".

Discrimination un peu trop positive? Certainement pour Georges Frêche. Mais pour les instances nationales du PS, ce qui est de trop, c'est le franc-parlé de ce personnage atypique. Déjà suspendu du bureau national du PS pour deux ans après avoir considéré que les harkis étaient des "sous-hommes", François Hollande souhaite que la commission des conflits du PS se penche sur son cas. S'en est trop pour georges qui estime que "l'on veut [sa] peau". Et de menacer de ressortir des dossiers sur l'affaire Urba Greco, relative au financement du PS dans les années 1980. Juste histoire de "semer la panique". Mais ce fervant partisant de Ségolène Royal, depuis qu'il a laissé tomber Strauss-Khan, n'en fera rien : "elle a de bonnes chances de l'emporter [à la présidentielle], je ne dirais rien contre mon parti". Georges s'embrouille, Georges cafouille.

Et ce genre de coups d'éclat, on apprécie modérement dans l'exécutif régional. L'ancien ministre Jean-Claude Gayssot, qui estime que ces propos sont racistes a démissioné de sa vice-présidence. Le PCF et les Verts ont suspendu leur participation. Qu'importe, il en faut plus pour Georges. Puisque selon lui , ses propos "n'ont rien de scandaleux", et si le délitment de la majorité se confirme, il "retournera devant les électeurs".

Ces électeurs qu'il aime tant, d'une région qu'il adore. Il l'aime au point d'avoir voulu la rebaptiser : Septimanie au lieu de Languedoc-Roussillon. Ca sonne mieux, ça fait plus Gallo-romain. Du coup, tous les panneaux routiers ont été refait, les imprimés pour les touristes également. Jusqu'à ce que ce changement soit invalidé. Et que toutes ces dépenses n'aient servies à rien.

Mais encore une fois qu'importe pour Georges. Il domine toujours le quartier néo-grec de Montpellier du haut du démesuré hôtel de région qu'il a édifié. De son perchoir, rien ne l'atteint. Ni les accusations de mégalomanie, ni celles concernant ses propos racistes. Le pire dans l'histoire, c'est que si des élections ont lieu, les urnes pourraient bien lui donner une nouvelle fois raison.