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mercredi, août 01, 2007

Politic fiction

Evincer les fonctionnaires chinois corrompus. Pourquoi pas? Paraît-il qu'ils sont pléthore en ce pays. Les paysans auraient même quelques griefs contre ceux qui revendent les terres communales aux promoteurs immobliers.
Du coup, le parti communiste de la ville de Ningbo a décidé d'éditer un jeu, "Le guerrier incorruptible". Le but est simple : le joueur incarne un fonctionnaire honnête qui doit trucider les corrompus, avec leurs maîtresses et leurs enfants. La suite est plus classique. Plus vous tuez, plus vous augmentez votre puissance. Récompense ultime : atteindre le "Paradis des honnêtes gens, libérés de la corruption." Il paraît que "les oiseaux y chantent, les fleurs y répendent leurs effluves, les personnes y sont pleines d'amour et d'harmonie, la nation prospère et le monde est calme et paisible." Rien que cela.

Mais les Chinois adorent. Résultat, le 25 juillet, date de mise en ligne du jeu, 300 personnes se sont enregistrées. Le 28 juillet, plus de 100 000 l'avaient téléchargé. Un peu trop. Le serveur était prévu recevoir 500 personnes en ligne. Il a été arrêté pour une petite remise en forme.

Que font nos autorités politiques, à nous, pauvres Français cyber-attardés? Jean-François Copé avait en son temps innové avec le magnifique Cyber-budget. Un jeu palpitant permettant au contribuable de se glisser dans la terrible vie d'un ministre du budget. Et qui, au passage, expliquait à ce râleur de Français qu'il est impossible de répondre à toutes les exigeances financières des salariés, qu'il faut rembourser la dette, etc. Bref pour convertir à la bonne vision libéral de JFC (Jean-François Copé).

La véritable bonne idée serait un jeu de stratégie, où le joueur, depuis l'Elysée tenterait de corrompre les figures de l'opposition. 100 points pour un maire de province. 500 points pour un ex-membre du bureau nationale du PS.

lundi, novembre 06, 2006

Les trous noirs du Web, acte II

Chine. L'année 2004 se termine. L'heure des commémorations du quinzième anniversaire des manifestations de la place Tiananmen approche. Mais le gouvernement n'est pas très enthousiaste. Il n'est pas bon de remettre dans les têtes cette révolution manquée. Il n'est pas bon non plus de rappeler à l'étranger la nature anti-démocratique de ce régime à l'heure où il s'ouvre à l'économie de marché. Pékin se contentera du minimum syndical : spectacle avec invités triés sur le volet. Le gouvernement demande également aux journalistes de ne pas rappeler cet événement dans leurs colonnes.

Dans la province du Hunan, un journaliste refuse ce nouvel abus du pouvoir central. Il se nomme Shi Tao, il est rédacteur en chef du journal Contemporary business news. Pour dénoncer ce diktat, il diffuse sur l'Internet la note que le gouvernement chinois lui a fait parvenir. Elle lui demande de taire l'anniversaire de Tiananmen. Pékin, furieux, demande à Yahoo! de lui fournir l'identité du frondeur. La multinationale s'exécute. Shi Tao est condamné en avril 2005 à dix ans de prison. "Son procès, tenu à huis clos, n’a duré que deux heures. Quelques jours avant son ouverture, l’avocat du journaliste, Guo Guoting, a été interdit d’exercer pendant un an", selon Reporters sans frontières (RSF).

Mardi 7 novembre 2006, RSF donne la possibilité aux internautes d'envoyer au fondateur de Yahoo!, Jerry Yang, un message de protestation. "Parce que cette société a été la première à censurer son propre moteur de recherche pour plaire aux autorités chinoises et collabore depuis des années avec la police qui arrête et condamne des dissidents et des reporters indépendants en Chine."

Entre mardi 11 heures, et mercredi 11 herures, RSF demande aux internautes de venir sur son site. Ils pourront cliquer sur une carte du monde symbolisant les trous noirs de l'Internet. Reprenant la formule utilisée pour le Somment mondial de la Société de l'information (SMSI), il s'agit de montrer que treize pays dans le monde bloquent toute expression libre sur la toile. Et que certaines multinationales les aident.